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Victor Hugo

La mort.

Le prodige de ce grand départ céleste, qu'on appelle la mort,
c'est que ceux qui partent ne s'éloignent point.
Ils sont dans un monde de clarté, mais ils assistent,
témoins attendris, à notre monde de ténèbres.
Ils sont en haut et tout près.
Oh ! Qui que vous soyez, qui avez vu s'évanouir dans la tombe un être cher,
ne vous croyez pas quittés par lui.
Il est à côté de vous plus que jamais.
La beauté de la mort, c'est la présence :
présence inexprimable des âmes aimées,
souriant à nos yeux en larmes.
L'être pleuré est disparu, non parti.
Nous n'apercevons plus son doux visage ;
nous nous sentons sous ses ailes...
Les morts sont les invisibles,
mais ils ne sont pas les absents.
[ ... ] La mort, c'est la montée,
au degré supérieur, de tout ce qui a vécu.
Ascension éblouissante et sacrée,
chacun reçoit son augmentation.
Tout se transfigure dans la lumière et par la lumière [ ... ]

Extrait du discours de Victor Hugo sur la tombe de la fiancée de son deuxième fils.

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